Etre un homme ?

GiedRé « Pisser debout »

Mais aussi :

GARÇON / ZAZA FOURNIER

Admettons, qu’aujourd’hui encore, être un homme, c’est bien plus facile que d’être une femme. Plus de liberté sur son apparence et son comportement, moins de jugement, moins de peur. Bref, aucun doute qu’il faut soutenir la cause féminine sous toutes les formes qu’elle prendra.

Les femmes doivent prendre le pouvoir et j’espère qu’elles arriveront à cet objectif.

J’adore l’humour de Giedre et le décalage de Zaza Fournier, mais vouloir être un garçon…. Non, non, et encore non. Vous valez mieux que ça, vous êtes trop merveilleuse.

Et puis cela n’a plus vraiment de sens de toute façon. Les lignes de genre sont des lignes de fuite. Masculin et féminin s’invitent de plus en plus en soi, et le déterminisme sexuel ne possède plus d’évidence.

L’auteur de ces lignes, par exemple, se retrouve autant, voire plus dans des valeurs qu’on définit d’ordinaire féminine. Cependant qu’il n’ose pas forcément le revendiquer en permanence (et parle de lui à la troisième personne, il vous en prit).

Ces chansons, donc, m’inspirent ces lignes, contre les rôles et la virilité.

La fatigue de l’homme :

Etre un homme, aujourd’hui.
Ça ne donne plus vraiment envie.
C’est usant, c’est fatiguant, c’est vidant, c’est déprimant.
Conquérir, lutter, vaincre, gagner.
Se battre, les muscles saillants.
Être un homme, c’est un devoir de s’avancer, de séduire, d’imposer, d’investir.
C’est chercher à construire, quand on ne peut même pas édifier la vie.
C’est du sang dans une érection, qu’il faut libérer.
C’est un orgasme sans relief.
C’est de la laideur qu’il faut combler par du charme.
Être un homme, c’est se justifier. Des crimes, de la violence, de la possession, de la haine.
C’est se sentir coupable quand bien même l’on ne peut se déchoir de son meurtre.
Il nous habite, nous sommes la pomme et le serpent.
Le mâl(e).
Parfois, on voudrait être pris par la main.
Parfois, on voudrait des bras qui nous enlacent.
On voudrait du réconfort et de la tendresse.
On voudrait ne pas avoir à se battre, mais déposer les armes, et se rendre à l’amour, et à la vie.
On aimerait un mot tendre, des fleurs, une attention.
On voudrait être charmé, disposé, ne faire que choisir.
Être amené, dirigé, conduit, rassuré.
Ne plus être les épaules et le poids au-dessus.
Comprendre la vie, être naturel.
Je me sens fatigué d’être un homme.
Je n’en ai pas envie.
Je veux être fragile, indécis, pleurer des larmes et rire aux éclats.
Danser, et sentir des fleurs.
Être exalté, et désespéré.
Sentir la tristesse des fous.
Faire des cabrioles près d’un précipice.
Me blottir, encore, et encore.