Le communisme

  • Je suis communiste

Une simple déclaration qui donne assez rapidement l’impression aux autres que vous êtes un peu un has – never – been. On peut être alter-mondialiste, écolo-bobo, gauchiste, anti-capitaliste, anarchiste, révolutionnaire… mais communiste, non, c’est dépassé :

C’est une vieille barbe blanche, celle de Karl.

C’est une buvette à la fête des travailleurs, tenue par des personnes du troisièmes ages.

C’est des images en noir et blanc, du peuple le poing levé, en masse dans les rues.

Enfin,

C’est de l’imparfait, et aussi du passé compliqué.

Pourquoi se déclarer communiste aujourd’hui ? Quelle interêt à aller fouiller le passé et se revendiquer d’une utopie qui à malheureusement eu ses dérives, et ses démiurges usurpateurs de l’espoir d’un monde meilleur. Pourquoi s’acharner dans une société internationale qui a acquis que le capitalisme est le seul système viable ?

Fils et petit fils d’ouvrier, le communisme est dans mon adn. Les damnés de la terre ont fait mon sang, je ne saurais m’en échapper. J’ai vu l’exploitation de la force de travail, le cloisonnement social, la précarité, un peu la misère… tout ce qui touche les prolétaires, je l’ai ressentis, je l’ai expérimenté. La lutte des classes existent, malheureusement… communiste culturel.

En occident, nous avons une vie assez confortable. La nourriture, l’eau potable, les soins, l’éducation, les divertissements…. Pourquoi alors, il y a autant de monde insatisfait, avec la conscience qui les travail, avec une impression de meilleur possible ? Peut être parceque le système actuel ne répond pas à une des attentes culturelles de chaques groupements humains, celui de l’espoir dans un monde meilleur, plus sur, et plus juste pour soi et ses enfants. Le capitalisme donne une impression de vacuité, de vanité, de futilité. Comme si tout était joué, et qu’il ne nous restait plus qu’a nous divertir en attendant la fin. Oui, on nous promet seulement la fin aujourd’hui, pas de lendemain qui chante. Un monde figé, bien huilé, sans âme…

Et le communisme nous promettait le grand soir, et un nouveau stade pour l’humanité. Sans la contingence de l’argent, de la propriété, de l’autorité. Un monde d’égalité et de justice pour tous. Un horizon supérieur, oui.

L’histoire a tué l’idée de communisme…. pour l’instant, Rome ne s’est pas fait en un jour. A l’échelle de l’humanité, le communisme (dans sa vision marxiste), est une idée jeune, immature, pleine de fougue et d’extremisme…. mais elle fera son chemin, elle progressera vers une vision plus pacifiée peut être….

Et puis, vraiment, peut on mettre les mains devant les yeux et et sur les oreilles (il faudrait 4 mains je sais!)  ? Le monde entier est une démonstration d’injustice sociale, des usines de vétement au Bengladesh, jusqu’aux mines d’Afrique, en passant par l’exploitation quotidienne de travailleurs précaires chez nous…. peut on accepter ca ?

Alors, comment se dire communiste alors que tout étouffe sous un système dominant, celui de l’économie reine de droit divin. Comment ne pas se retrouver dans une schizofrénie réélle entre ses aspirations, et les obstacles qui se présentent devant soi ?

Et peut on vraiment l’être aujourd’hui, sans être hypocrite, dans son salon, assis dans une chaise confortable Ikea, buvant un verre de rhum Havanna Club…

C’est la question que se pose Cyril Mokaeish dans cette chanson intitulée sobrement « communiste ». Dans celle-ci, Mokaiesh nous interpelle sur les injustices contemporaines qui le pousse à se dire communiste… pas une posture, une attitude romanesque, non. Un cri du coeur, sincère, simple.

Je vous invite d’ailleur aprés avoir regardé le clip, et si vous le désirez, à écouter les albums de ce jeune auteur-compositeur, qui va chercher dans l’inspiration de ses prédecesseur (Léo Ferré), de la poésie, de la force, de la sensibilité. Des textes magnifiques servies par un vrai chanteur-interprête, qui donne vie aux émotions transmises par ses paroles….

J’y reviendrais surement car il m’inspire souvent.

A bientot.

La fatigue de l’homme (Feat. Giedre et Zaza Fournier)

Etre un homme ?

GiedRé « Pisser debout »

Mais aussi :

GARÇON / ZAZA FOURNIER

Admettons, qu’aujourd’hui encore, être un homme, c’est bien plus facile que d’être une femme. Plus de liberté sur son apparence et son comportement, moins de jugement, moins de peur. Bref, aucun doute qu’il faut soutenir la cause féminine sous toutes les formes qu’elle prendra.

Les femmes doivent prendre le pouvoir et j’espère qu’elles arriveront à cet objectif.

J’adore l’humour de Giedre et le décalage de Zaza Fournier, mais vouloir être un garçon…. Non, non, et encore non. Vous valez mieux que ça, vous êtes trop merveilleuse.

Et puis cela n’a plus vraiment de sens de toute façon. Les lignes de genre sont des lignes de fuite. Masculin et féminin s’invitent de plus en plus en soi, et le déterminisme sexuel ne possède plus d’évidence.

L’auteur de ces lignes, par exemple, se retrouve autant, voire plus dans des valeurs qu’on définit d’ordinaire féminine. Cependant qu’il n’ose pas forcément le revendiquer en permanence (et parle de lui à la troisième personne, il vous en prit).

Ces chansons, donc, m’inspirent ces lignes, contre les rôles et la virilité.

La fatigue de l’homme :

Etre un homme, aujourd’hui.
Ça ne donne plus vraiment envie.
C’est usant, c’est fatiguant, c’est vidant, c’est déprimant.
Conquérir, lutter, vaincre, gagner.
Se battre, les muscles saillants.
Être un homme, c’est un devoir de s’avancer, de séduire, d’imposer, d’investir.
C’est chercher à construire, quand on ne peut même pas édifier la vie.
C’est du sang dans une érection, qu’il faut libérer.
C’est un orgasme sans relief.
C’est de la laideur qu’il faut combler par du charme.
Être un homme, c’est se justifier. Des crimes, de la violence, de la possession, de la haine.
C’est se sentir coupable quand bien même l’on ne peut se déchoir de son meurtre.
Il nous habite, nous sommes la pomme et le serpent.
Le mâl(e).
Parfois, on voudrait être pris par la main.
Parfois, on voudrait des bras qui nous enlacent.
On voudrait du réconfort et de la tendresse.
On voudrait ne pas avoir à se battre, mais déposer les armes, et se rendre à l’amour, et à la vie.
On aimerait un mot tendre, des fleurs, une attention.
On voudrait être charmé, disposé, ne faire que choisir.
Être amené, dirigé, conduit, rassuré.
Ne plus être les épaules et le poids au-dessus.
Comprendre la vie, être naturel.
Je me sens fatigué d’être un homme.
Je n’en ai pas envie.
Je veux être fragile, indécis, pleurer des larmes et rire aux éclats.
Danser, et sentir des fleurs.
Être exalté, et désespéré.
Sentir la tristesse des fous.
Faire des cabrioles près d’un précipice.
Me blottir, encore, et encore.